Chaque repas était un vrai repas, suivant les considérations alimentaires



Chaque repas était un vrai repas, suivant les considérations alimentaires
« Il ne t’a manqué de rien. » Chaque repas était un vrai repas, suivant les considérations alimentaires. J’ai même dévoré un nombre considérable de gâteaux Napolitains, paquets achetés chaque vendredi lors du passage de l’épicier, donc à un prix exorbitant. Et chaque lundi, du marché de St Pol, ma mère ramenait une cargaison de fruits. De vrais fruits, cueillis à maturité. C’était du temps d’avant les chambres froides et du transport de masse. J’ai même mangé des pamplemousses, depuis remplacés par des pomelous. Il ne m’a manqué de rien et pourtant je mangeais sans plaisir ; toujours une peur dans les entrailles ; j’ignorais l’existence de la pauvreté, comme j’ignorais l’existence de familles harmonieuses où les enfants apprenaient les savoirs, les bonnes manières, le goût de la vie. J’ai appris un versant de la vie : à ne pas forcément croire les belles paroles, à me méfier des gens. À six ans, je ne savais même pas écrire mon prénom ni tenir un crayon ! Envoyé à l’école de Vublon uniquement car l’école était obligatoire. Sacré Charlemagne ! Pour ce qu’ils leur apprennent !
« Il ne t’a manqué de rien. J’ai tout fait pour qu’il ne te manque de rien. » Tentative de justifier l’injustifiable, l’inacceptable. Jamais depuis ma mère n’a même marmonné « j’ai eu tort. »



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